samedi 16 mai 2009

dimanche 12 avril 2009

[Cinéma] Watchmen



"Watchmen" de Zack Snyder (USA); avec Billy Crudup, Malin Akerman, Patrick Wilson, Carla Gugino, Jackie Earle Haley, Jeffrey Dean Morgan...

Etats-Unis, 1985. Lorsque l'un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, justicier masqué n'ayant jamais renoncé à sa mission, mène l'enquête. Et découvre un gigantesque complot visant à éliminer un à un tous les super-héros, allant même jusqu'à menacer la paix mondiale. Déterminé à enrayer la machine, il recontacte ses anciens camarades voués à une retraite forcée et découvre avec perplexité les liens étroits que semble entretenir la conjuration avec le passé de ceux-ci. Et également le sien.

Attention : film-culte !

Pas en devenir, non, non. Film-culte, point barre.

Et pourtant, on sait à quel point ce n'était pas gagné, avec cette BD mythique, réputée inadaptable, due au talent illuminé d'Alan Moore, déjà auteur des tout aussi monumentaux "From Hell", "V pour Vendetta" ou "La Ligue des Gentlemen Extraordinaires", portés à l'écran avec des fortunes diverse.
Le garçon est réputé pour ne pas avoir tout à fait ses frites dans le même cornet, d'ailleurs, et son travail est à l'avenant.
En particulier ici, dans ce "roman graphique" colossal où se croisent ucronie, mythologie et politique-fiction...

Vingt ans qu'Hollywood essaie d'adapter le bazar à l'écran !

Vingt ans et quasiment autant de talents attachés aux divers projets.
Terry Gilliam fût un temps envisagé (et on peut d'ailleurs se demander ce qu'il en aurait fait, avec toute la démesure dont on le sait capable).
Paul Greengrass, Darren Aronofsky et bien d'autres s'y sont cassés les dents.

Il fallait donc bien tout le talent visionnaire de Zack Snyder, déjà auteur de l'adaptation pour le moins culottée d'une autre brique du genre, le "300" de Frank Miller, et probablement l'une des plus belles révélations - en tout cas d'un point de vue stylistique - de ces dernières années (avec Christopher Nolan, entre autres...) pour réussir ce que l'on peut allègrement qualifier de tour de force.

Car c'en est un, et pas un petit ! Pas un léger. Et il n'est pas anodin, surtout, en ce qu'il propose carrément - comme le précédent film de son auteur, d'ailleurs - une autre façon d'aborder le cinéma.
Ni plus, ni moins.

Arriver à condenser toute la folie, la grandiloquence, la complexité, la... y a pas de mots... du matériau d'origine en un seul film (de presque trois heures, il est vrai, mais quand même), rien que ça, ça vaut déjà les félicitations du jury.

Pousser le vice, si j'ose dire, jusqu'à le rendre digeste, même fluide, et, par delà, passionnant, ça, ça appelle carrément la pluie de médailles et de superlatifs.

Et emballer le tout dans ce qui est sans doute, du point de vue du style et de la technique, l'un des plus beaux films de genre que l'on ait vu depuis longtemps, là, c'est plus la floche, c'est tout le manège qui vient avec !

Certes, certes, bien sûr... Le film n'est pas sans défaut.
Difficile, par exemple, de faire passer à l'écran un personnage aussi "bédéesque" que le Docteur Manhattan, qui entraîne ce "Watchmen" pourtant globalement fort sombre et violent vers des eaux légèrement kitsch, on ne peut pas dire le contraire.
Et puis aussi, défaut commun à trop de films de super-héros, la fin est un peu sacrifiée, bien que tirée en longueur, avec son dénouement un rien embrouillé et son "combat final" (ce n'en est pas vraiment un) pas trop boursouflé.

Mais ce ne sont qu'infîmes chipotages qui ne viennent même pas rayer la surface de l'objet, par ailleurs d'une excellence quasiment complète, unanime.

La direction artistique, d'abord, soufflante.
La réalisation ensuite, virtuose, on ne le dira jamais assez.
Le scénario, fluide et passionnant.
Les personnages enfin, admirablement écrits et interprétés par des acteurs peu connus mais particulièrement inspirés et bien choisis (mention spéciale à Jackie Earle Haley, magistral dans le rôle de Rorschach).
Sans oublier la B.O. à la fois inspirée et décalée où se croisent Leonard Cohen et Nena, Bob Dylan et Simon & Garfunkel (si !).

À l'arrivée - et à l'image du livre qui l'a inspiré - "Watchmen" est un monument en plus d'être un grand,un très grand moment de pur cinoche.

Un film unique et multiple à la fois, tour à tour drôle, émouvant, terrifiant... Et toujours captivant !
Un film qui se permet de mêler les styles sans jamais s'écarter de son sujet.
Du vrai cinéma populaire ET intelligent, fidèle à l'oeuvre visionnaire dont il est issu.

Culte, je vous dis, culte !

Tout simplement...

lundi 23 février 2009

Je suis un combattant de la rue...

... ehhhhh, ué, petit !

Et moi, Gouki, j'le défonce !!!

lundi 16 février 2009

Des chercheurs qui trouvent

Alors que les enseignants-chercheurs français font ce qu’ils font de mieux et défilent dans les rues, les vrais scientifiques étrangers travaillent et trouvent, eux, des trucs.

Ainsi, sur une demande du très sérieux « Conseil de la Pomme de Terre » britannique, des scientifiques anglais ont découvert, après des longues et difficiles recherches, que l’odeur des frites serait un mélange d’arômes de caramel, d’oignon et… d’un soupçon de planche à repasser… Voilà !

Donc, messieurs les enseignants-chercheurs français, arrêtez de faire comme vos étudiants et retournez bosser afin qu’une fois, vous aussi, vous trouviez quelque chose qui vaille l’honneur d’être notifiée sur ce site !


Et sinon, flash spécial de dernière minute : Tom Kaulitz, un membre des Tokio Hotel, a été admis à l’hôpital d’Hambourg pour être soigné d’un herpès génital.
Rappelons que, malheureusement, cette maladie n’est pas létale.

Euh… Herpès génital ??!! Génital comme pour zizi ??!! Tokio Hotel ??!! ZIZI !!??
Y’a comme un truc qui cloche là…


Bref, c'est tout, pour le moment.

jeudi 29 janvier 2009

[Cinéma] Two Lovers

Wouhou, 2 critiques de films d'affilée, c'est la fête.

Faut dire que j'ai pas vraiment le temps d'alimenter ce blog de misère en ce moment, et pourtant ce sont pas les idées qui manquent.

Bref, comme d'hab, enjouaillez !




"Two Lovers" de James Gray (USA); avec Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw, Isabella Rossellini, Elias Koteas, Moni Moshonov...

New York. Leonard Kreditor, bipolaire et suicidaire, hésite entre suivre le chemin tracé pour lui par ses parents, à savoir épouser la belle et sage Sandra, ou tout envoyer en l'air pour suivre Michelle, sa nouvelle voisine, rebelle, volage et pour tout dire aussi peu nette que lui...

Un an à peine après le déjà magnifique "La Nuit nous appartient", James Gray, qui nous avait pourtant jusqu'ici habitué à un tout autre rythme de travail (genre "trois films en treize ans") nous revient donc avec ce nouvel opus de prime abord fort différent des films noirs qu'il avait signés jusqu'alors...

Un film d'amour. Un drame romantique.
Où allait-il donc se perdre après les noires fulgurances de "Little Odessa" ou "The Yards", pouvait-on légitimement se demander (si si, on pouvait... ).

Et la première évidence c'est que, malgré ce supposé changement de registre, Gray continue - et de fort belle manière - à creuser le même opiniâtre sillon...

Car "Two Lovers", même s'il n'emprunte rien au ressorts du polar ou du thriller, est avant tout, d'un point de vue pûrement cinématographique, un mélo déguisé en film noir.
Ou le contraire...
Un mélo pour le fond, un film noir pour la forme, en somme.

Et la force de Gray est avant tout d'avoir réussi la gageure de passionner - voire même de bouleverser - en racontant l'histoire la plus simple du monde (si pas aussi la plus vieille du monde) : un homme, deux femmes, trois possibilités.
Point.

Mais en l'emballant de la plus fine et subtile des manières, avec un art consommé de la mise en scène et une manière unique de réaliser de véritables pépites visuelles sans même avoir l'air d'y toucher (et en évitant surtout soigneusement le piège de la démonstration et du "regarde comme je filme !"), le réalisateur transcende véritablement son sujet.

La force de l'écriture, usant du moindre détail, de la moindre scène pour renforcer la folie, la fièvre sous-jacente à l'histoire, achevant de transformer "Two Lovers" en tragédie à la résonnance universelle...

Bien entendu, il faut accepter certains partis-pris, voire certains poncifs.
Surtout se dire que le personnage de loser incarné par Joaquin Phoenix est finalement très loin de l'idée que l'on peut se faire de ce genre de type (y a qu'à voir comme il se transforme lorsqu'il est sur une piste de danse ou simplement se dire que, tout moche et tordu qu'il soit, il arrive à se lever Gwyneth Paltrow ET l'autre damoiselle... Ah ah !).

Mais tout ça n'est rien à côté de la splendide ambivalence qui habite chacun des personnages (les principaux, bien entendu, mais aussi la mère de Leonard ou l'amant de Michelle, par exemple), au maëlstrom existentiel qui sous-tend chacune de leurs relations, à la sublime lumière crépusculaire qui habille le tout et surtout à l'excellence générale du casting.

De ce côté-là, on saluera la performance magnifique de Gwyneth Paltrow (qui semble ici justifier l'Oscar reçu il y a quelques années pour "Shakespeare in Love") ainsi que celle d'Isabella Rossellini, extraordinaire en mère prète à tout accepter pour son fils (la scène qu'elle partage avec Joaquin Phoenix dans l'escalier de leur immeuble est un modèle du genre).

Et bien entendu, on applaudira à tout rompre le supposé baroud d'honneur (il reviendra sur sa décision d'arrêter le cinéma, c'est sûr) de Joaquin Phoenix, justement, dont la performance hallucinante - sur laquelle s'appuie d'ailleurs une partie du film - restera pour longtemps dans les mémoires...

Sombrement romanesque, voila donc un film qui l'air de rien, ressemble quand même "vachement à un chef-d'oeuvre", comme disait l'autre...