mardi 25 novembre 2008

Guide des chants d'oiseaux

« Glou glou glou font tous les dindons, et la petite cloche ding daing dong. »
~ Georges Moustaki à propos de ses connaissances ornithologiques.

« Une cloche, c'est pas un oiseau. Mais c'est vrai que le dindon fait "glou glou glou". Vous aurez 10/20, mon petit Georges. »
~ le comte de Buffon à propos de l'examen de Georges Moustaki passé en 1775.


L'observation des oiseaux est un hobby fascinant. Se rapprochant de la nature et de la beauté de celle-ci, l'homme se réconcilie avec l'animal. Il redécouvre les joies simples de l'air pur, du ciel bleu et des arbres majestueux. Uni avec l'ensemble de l'univers, l'ornithologue amateur se sent soudainement en phase avec tous les éléments. À un détail près : les oiseaux, c'est des connards ! C'est vrai quoi ! Dès qu'on s'approche, ils s'envolent, montent en haut de l'arbre qui nous est inaccessible, ou bien vont se cacher dans les buissons. Heureusement, on s'en fout, on peut encore les reconnaître grâce à leur chant.


Théorie

Ohla ! Du calme ! Que crois-tu ? Que tu peux sortir comme ça, dans la nature, armé de ta seule naïveté, et que tu vas écouter des tas d'oiseaux? Sache qu'avant de te lancer sur le terrain grisant de l'aventure auditive, tu dois d'abord connaître les bases théoriques.


Le chant des oiseaux, c'est quoi ?

Les oiseaux sont des organismes vivants munis d'un bec.

Le bec est très important chez les oiseaux. Par exemple, si vous remplacez le bec d'un oiseau par une ancre et que vous le jetez dans le lac, l'oiseau meurt après quelques minutes. D'ailleurs, l'ancre, par contre, est un organe assez superflu chez les oiseaux.

Et il se trouve également que, de ce bec, on peut, parfois, entendre des bruits insolites, incongrus, voire motocyclettes [1]. C'est ce qu'on appelle le chant des oiseaux.


À quoi sert le chant des oiseaux ?

Les scientifiques sont très partagés sur le sujet. Au lieu de trouver le vaccin contre le sida ou contre le cancer [2], ils discutent pour savoir pourquoi les oiseaux chantent. Et avec nos impôts, en plus. On devrait tous les tuer. Enfin bref, deux théories s'affrontent :

- Le chant de l'oiseau serait en fait issu du fonctionnement déficient de leur cerveau ridiculement petit. On retrouve le même phénomène chez certains "chanteurs" androgynes allemands. Les partenaires sexuels ayant des cerveaux tout aussi atrophiés trouveraient ces chants tellement beaux qu'ils auraient envie de se reproduire. On retrouve ce comportement chez certains fans des chanteurs sus-cités.

- Les oiseaux sont des emmerdeurs finis, qui n'ont rien trouvé de mieux que de faire du bruit à des heures indécentes où les gens honnêtes profitent d'un repos bien mérité [3].


Certes, mais où trouve-t-on les chants d'oiseaux ?

Ahahah ! Tu es touchant de naïveté. Heureusement que je suis là. Sache que tu ne trouveras aucun chant d'oiseaux si tu ne trouves pas d'abord un oiseau. Encore faut-il que cet oiseau ne soit pas muet ou décédé.

Si l'oiseau est couché sur le dos et que des fourmis et des vers sortent de son corps en putréfaction, c'est qu'il est décédé. Pas de bol.

Si l'oiseau se signale à ses congénères par de grands mouvements d'ailes rappelant le monsieur qui traduit en langue des signes le JT à la télé, c'est que cet oiseau est muet. Pas de bol.

Si l'oiseau est rouge ou jaune avec un court bec large de vingt centimètres, carré, et qu'un méchant monsieur en uniforme vient lui ouvrir le ventre deux fois par jour pour lui prendre ses intestins, c'est que c'est une boîte aux lettres. Pas de bol non plus. Décidément, c'est pas ton jour.


Comment puis-je, moi, simple petite sous-merde de raton-laveur, reconnaître les chants des oiseaux ?

Si tu es vraiment une sous-merde de raton-laveur, je ne peux rien pour toi. Si c'est juste une métaphore, alors ces quelques conseils peuvent t'être utile.

1° Munis-toi de tes plus belles oreilles. Tu en auras bien besoin.
2° T'en as pas des mieux que ça ? Bon, c'est pas grave, on va faire avec.
3° Il est impératif de faciliter l'arrivée du son dans le conduit auditif. Évite ainsi de t'enduire les oreilles de cire, de porter des caches-oreilles, de mettre tes mains sur tes oreilles, de placer une parois en mousse de polyréthane entre toi et l'oiseau que tu veux entendre ou de pomper l'ensemble de l'air dans cette même région.
4° Il est également important de s'approcher de l'oiseau si on veut en découvrir toute les subtilités du chant. Par exemple, à une distance supérieure à un ou deux kilomètres, il est en général difficile d'entendre un oiseau. À moins qu'il soit bien balèze, hein (auquel cas, mieux vaut s'éloigner encore un peu).
5° Les mélodieux gazouillis seront d'autant mieux perçus qu'il y aura peu de bruits parasites. Pour cette raison, évite d'aller écouter les oiseaux au niveau du périphérique. Non seulement il y a du bruit, mais en plus tu risques de te faire chopper par une bagnole, petit inconscient.
6° Finalement, la dernière étape consiste à avoir un cerveau pour analyser les influx nerveux des organes de l'ouïe. Ce cerveau doit aussi contenir les informations nécessaires pour identifier l'animal selon le chant. C'est là que tonton Panou entre en jeu.


Pratique

Quoi de mieux que des fichiers audio pour s'exercer à reconnaître les différents chants ? Des implants cérébraux ? Oui, peut-être. Mais si t'es pas content, tu peux toujours aller te faire foutre, hein.

Voici donc 10 des oiseaux les plus communs, les plus courants, voire les plus aéroglisseurs [4]:

- Moineau domestique
- Merle noir
- Fauvette grisette
- Mésange boréale
- Pinson des arbres
- Rossignol philomèle
- Troglodyte mignon
- Bergeronnette printanière
- Grand Corbeau
- Loriot d'Europe


Merchandising

L'étude des chants des oiseaux est un hobby enrichissant. Surtout pour moi, vu que je vends des guides accompagnés de CD-ROM audio. Voici un aperçu de ma somptueuse collection :

- Les classiques :

* Guide des chants d'oiseaux : Sans doute LA référence mondiale. En effet, lorsqu'un débutant veut aller plus loin, on l'entend souvent dire: "Tiens, j'aimerais bien avoir un guide des chants d'oiseaux". Alors tu vois.
* Guide des chants d'oiseaux, mais mieux : Le même qu'avant, mais mieux. Sur papier glacé, alors que le précédent était imprimé sur du PQ, disposant de plus de trois photographes, d'un schéma, et vendu avec un superbe sachet à vomi [5], le guide indispensable des ornithologues amateurs esthètes. Le CD audio est récité par Garou pour les exemples mâles et Chantal Goya pour les exemples femelles.

- Les moins classiques :

* Manuel de comment que les oiseaux on reconnaît grâce à ce que disent eux : Traduit du serbo-tchonque par un écureuil mexicain, cet ouvrage exotique a le mérite de ne coûter que 3 centimes d'euro.
* Ach! Das itch der lieder von vögel : Ja ja zeer goed [6].
* Troglodyte techtonik : No comment !

- Les hors-séries :

* Guide des chants d'oiseaux pour public averti : Interdit aux moins de 18 ans, cet ouvrage illustré, vachement très illustré, permet d'acquérir les bases de manière ludique avec des oiseaux régionaux, dont le gros-bec à longue queue, le zizi fougueux ou la fauvette nymphomane. Les pages sont plastifiées.

- Les "pas à moi en fait" :

* Les chants d'oiseaux pour les gros nullos qui puent du cul : Un autre guide. Mais bon, tu n'es pas un gros nullos qui pue du cul, quand même.
* Dictionnaire des synonymes pour l'auteur de cet article : Un recueil indispensable, essentiel, voire même salsifis [7] .



Les éditions Krutuglugu commercialisent une collection spécialisée dans les chants, et ce pour toute la famille (ici, c'est pour madame).



Conclusion

Si toi aussi tu veux devenir un expert en chant d'oiseau, et savoir reconnaître la sittelle torchepot du roitelet triple-bandeau d'un seul coup d'oreille, si tu veux impressionner les filles et frimer devant les potes, eh bien t'es un con.


Références

[1] Qu'est-ce que c'est que ce dictionnaire des synonymes tout pourri ?
[2] Alors qu'il suffirait de dire au cancer que le sida couche avec sa femme et au sida que le cancer dit partout que le sida est une tafiolle.
[3] Par exemple à 11h30 ou à 15h25 le dimanche.
[4] M'enfin, il marche pas, ce dico des synomynes !
[5] Certes déjà usagé, mais bon...
[6] Personne ne comprendra jamais pourquoi le commentaire est en néerlandais.
[7] Raah ! Mais putain !




Schéma de la composition d'un oiseau. Comme ça, si vous voulez, vous pouvez en refaire un chez vous.



Le syrinx est l'organe du chant chez l'oiseau.
1- un rond vert
2- rien
3- trois ronds verts
4- un espèce de triangle
5- une ligne orange
6- deux lignes orange
7- encore trois ronds verts
8- ça j'en sais trop rien
9- allez, encore deux ronds verts pour la route




Ne vous laissez pas influencer par les menaces de la concurrence.

dimanche 23 novembre 2008

La numérotation arabo-romaine

La numérotation arabo-romaine est une nouvelle méthode pour écrire les nombres. Elle combine les avantages de la numérotation dite "romaine" avec les graphisme des chiffres importé par des travailleurs immigrés d'afrique du nord.


Les symboles

La numérotation arabo-romaine utilise, pour la représentation des nombres, les symboles 1 5 0, et, plus accessoirement - . Elle est donc plus simple que la numérotation romaine qui utilise sept lettres pour finalement ne prendre en compte que les entiers positifs pas trop grands, et surtout la numérotation dite arabe qui utilise dix chiffres et deux caractères spéciaux.


Commençons par compter jusqu'à dix

zéro : il s'agit d'un cas particulier, donc on en parlera plus tard
1 : un
11 : deux
111 : trois
15 : quatre
5 : cinq
51 : six
511 : sept
5111 : huit
110 : neuf
10 : dix

On le voit, la règle générale consiste à rajouter le chiffre 1 à droite du nombre précédent lorsqu'on progresse d'une unité. Toutefois, il y a le chiffre 5 qui vaut cinq fois la valeur du chiffre 1. Aussi, dès qu'on se rapproche de la valeur cinq, ce qui est le cas quand on arrive à quatre (même si on est tout seul), on indique que l'on soustrait un à cinq. Dans ce cas, le chiffre 1 est à gauche du 5. Le cas de la valeur neuf est similaire.


Comptons de dix en dix maintenant

zéro : je vous ai dit que c'est un cas particulier, donc patientez !
10 : dix
1010 : vingt
101010 : trente
1050 : quarante
50 : cinquante
5010 : soixante
501010 : soixante dix (ou septante chez les Suisses, Belges et Québécois qui n'ont pas compris qu'il suffit de rajouter 10 à 5010 pour obtenir cette valeur)
50101010 : là, ceux qui disent octante ou huitante vont pouvoir se venger sur ceux qui prononcent 15 1010.
10100 : octante dix (ou d'autres variantes suivant les dialectes locaux)
100 : cent

Si l'on compare l'écriture des nombres de ce paragraphe avec ceux du paragraphe précédent, on constate qu'il suffit de réécrire les nombres de la première série en rajoutant un 0 juste après chaque chiffre. Le symbole 0 correspond donc une multiplication par dix. Mais on verra plus tard qu'un 0 dans une partie décimale permet au contraire de diviser par dix. Le cas particulier de la valeur zéro qui devrait s'écrire pareil dans les deux paragraphes fait l'objet de nombreux débats mais je vous ai déjà dit qu'on en parlera plus tard !


Construisons les nombres en associant des chiffres

On peut généraliser les règles que nous avons commencé à entrevoir pour écrire des nombres plus complexes qui, comme vous allez le constater sont parfaitement lisibles :
11 : deux (vous connaissiez déjà)
101 : onze
1001 : cent un
10001 : mille un
51 : six (déjà vu)
501 : cinquante et un
5001 : cinq cent un
10010 : cent dix
1000010 : dix mille dix
1000500105 : mille cinq cent quinze, que certains idiots écrivent 1510015, alors qu'aucun nombre ne peut s'écrire comme ça !

Le dernier exemple montre bien qu'on indique d'abord les valeurs importantes avant de rajouter du côté droit des valeurs plus faibles. Dans ce nombre, on a écrit dans l'ordre les milliers, les centaines, les dizaines et les unités. De la même manière, on peut écrire des valeurs d'années correspondant davantage à notre période actuelle :
10001000 : deux mille
100010001 : deux mille un
1000100011 : deux mille deux

Mais comment allons nous écrire l'année qui précède deux mille ?

Surtout pas 110001000 ! Déjà, l'écriture 100011000 serait plus compréhensible (on soustrairait un au deuxième millier). Mais pour qu'un nombre soit lisible, il faut dans la mesure du possible le découper en (....), dizaines de milliards, milliards, centaines de millions, dizaines de millions, millions, centaines de milliers, dizaines de milliers, milliers, centaines, dizaines, unités (on verra plus tard les parties décimales).

Ainsi, le nombre mille huit cent quatre vingt huit s'écrit tout simplement :
1000500100100100501010105111

De la même manière, l'écriture correcte du nombre qui est juste avant deux mille (10001000) est :
1000100100010100110

ce qui est, vous en conviendrez, beaucoup plus facilement compréhensible que les écritures fantaisistes indiquées un peu plus haut.


Zéro, zéro, zéro... Comment l'écrire ?

Maintenant que vous avez bien assimilé les règles de composition des nombres, on va pouvoir étudier la valeur zéro. Ceux qui pensent qu'il suffit d'écrire 0 n'ont rien suivi. Le caractère 0 sert à multiplier (ou diviser) par dix une autre valeur. Écrit tout seul, il n'a donc aucune signification (ce qui en soit est assez proche de la signification du nombre zéro).

Pour représenter le nombre zéro (qui signifie rien du tout), les romains avaient une notation condensée qui consistait à ne rien écrire (ou plus exactement, ils écrivaient un I de moins que pour la valeur I (un)). On pourrait faire de même, mais pour parodier la célèbre expression de Chuck Norris, "lorsque ça va sans dire, c'est mieux en le disant"... il peut donc être préférable d'écrire la valeur zéro.

On a déjà eu l'occasion de soustraire une valeur à une autre en mettant la petite valeur à gauche de la grande comme dans :
15 : quatre, alors que 51 vaut six
110 : neuf, alors que 101 vaut onze
...

Le problème est que si on écrit 11 (en pensant un moins un), on peut aussi lire deux (un plus un). La solution consiste à utiliser un caractère spécial pour préciser que l'on fait une soustraction avec le nombre qui suit. On met le caractère - entre ces 2 nombres. Ainsi :
zéro s'écrit : 1-1


Le zéro s'écrit il toujours pareil ?

La question qui se pose est : est-ce la seule manière d'écrire la valeur zéro ? Autant l'écriture de la valeur 1 (un) est unique, autant le débat n'est pas tranché pour la valeur zéro qui, d'après certains avis pourrait s'écrire d'une infinité de manières différentes.

Ainsi, si l'on regarde comment sont écrits les nombres dans le cas d'un comptage de 10 en 10 (ceux qui n'ont pas compris de dix en dix peuvent recommencer la lecture de l'article, à condition de bien vouloir y consacrer plus d'attention), une autre écriture de la valeur zéro vient immédiatement à l'esprit :

zéro s'écrirait 10-10

et il y aurait beaucoup d'autres possibilités :
11-11
111-111
15-15
5-5
51-51
...
110-110
101-101
...
1000500100100100501010105111-1000500100100100501010105111
... etc.

À partir de là, deux clans aux idées opposées s'affrontent :
ceux qui estiment que le zéro devrait s'écrire de manière unique : 1-1
ceux qui tiennent à conserver une infinité de possibilités pour l'écriture du zéro.

Les premiers font remarquer que tous les autres nombres s'écrivent de manière unique, et qu'il n'y a pas besoin de faire une exception pour le zéro. Ils choisissent donc l'écriture 1-1 qu'ils disent être la plus simple de toutes.

Leurs adversaires font remarquer qu'écrire 5-5 n'est pas plus compliqué que 1-1, et que 10000100000500010001000100050010010010101015-10000100000500010001000100050010010010101015 est juste un peu plus long. Ils mettent en garde contre l'intégrisme qui consisterait à imposer une écriture unique pour le zéro et soupçonnent le clan opposé (étant donné que la numérotation arabo-romaine utilise les chiffres arabes) d'être à la solde de fanatiques musulmans.

En marge de ces prises de position, un troisième groupe de personnes fait, quant à lui, remarquer que tous ces débats reviennent à des discussions pour rien, puisque c'est précisément à ça que correspond la valeur zéro.

On peut noter que parmi les plus farouches partisans de l'écriture multiforme de la valeur zéro figurent les centres d'apprentissage aux métiers de la guerre. Ils font remarquer que la possibilité de choisir la manière d'écrire zéro relève de la démocratie, et que la démocratie doit être défendue, par la force si nécessaire. Contrairement à certaines idées reçues, l'apprentissage des métiers de la guerre ne se limite pas à apprendre à compter de manière répétitive de 1 à 11. En plus des 10001 manières de trucider l'ennemi, l'apprentissage de la numérotation arabo-romaine est indispensable car elle fait la synthèse de plusieurs cultures. Et c'est nécessaire vu que la guerre se fait dans des pays étrangers. Aussi, à la fin de leur formation, pour montrer qu'ils sont bien décidés à défendre (par la force si nécessaire) la liberté, notamment celle qui consiste à choisir la manière d'écrire le zéro, les étudiants issus des centres d'apprentissage des métiers de la guerre ont prit l'habitude, après quelques apéros pour se donner du courage, de chanter un hymne à la liberté aux paroles très simples : "Zéro, zéro, zéro, zéro... ".


Les nombres négatifs

Maintenant qu'on sait écrire rien, on va étudier comment écrire moins que rien.

Un nombre négatif, c'est en effet une valeur qu'on enlève à rien (ou à zéro si vous préférez). On a vu que pour enlever quelque chose, il suffit de mettre le nombre que l'on veut enlever suivi d'un - à gauche de ce qui suit, c'est à dire dans le cas présent à gauche de rien du tout. La suite des nombres négatifs est donc la suivante :
1- : un enlevé à rien (ou à zéro), que l'on lit souvent moins un.
11- : deux enlevé à rien, que l'on lit souvent moins deux.
111- : moins trois
15- : moins quatre
...-
110- : moins neuf
10- : moins dix
101- : moins onze
...-
10000100000500010001000100050010010010101015- : moins quatre-vingt dix-huit mille sept cent trente-quatre
...-


Les nombres décimaux

On a vu que le caractère 0 sert à faire des multiplications par 10 (dix). Par exemple, le chiffre 1 suivi du chiffre 0 signifie 1 multiplié par dix, qui fait dix. De la même manière on peut mettre des 0 avant un nombre pour indiquer une ou plusieurs divisions par dix.

Ainsi on a les valeurs :
01 : un dixième
0101 : deux dixièmes
010101 : trois dixièmes
0105 : quatre dixièmes = cinq dixièmes - un dixième
05 : cinq dixièmes
0501 : six dixièmes = cinq dixièmes + un dixième
050101 : sept dixièmes
05010101 : huit dixièmes
011 : neuf dixièmes = une unité - un dixième
001 : un centième
001001 : deux centièmes
001001001 : trois centièmes
001005 : quatre centièmes = cinq centièmes - un centième
005 : cinq centièmes
005001 : six centièmes = cinq centièmes + un centième
005001001 : sept centièmes
005001001001 : huit centièmes
00101 : neuf centièmes = un dixième - un centième

Reste à séparer la partie entière de la partie décimale des nombres pour éviter des difficultés de lecture (voire des ambiguïtés). Pour cela, on utilise le symbole , .

Voici quelques exemples de nombres décimaux :

Le nombre pi avec ses 101010 premières décimales :
111,0100100500010000500000100001000000100000010000000500000001000000005000000000100000000010000 00000100000000005000000000005000000000001000000000001000000000001000000000000100000000000100000 00000000500000000000001000000000000010000000000000010000000000000100000000000000010000000000000 00100000000000000010000000000000000100000000000000001000000000000000001000000000000000001000000 00000000000100000000000000000050000000000000000001000000000000000000100000000000000000010000000 00000000000010000000000000000000500000000000000000000500000000000000000000100000000000000000000 01000000000000000000000100000000000000000000005000000000000000000000010000000000000000000000010 00000000000000000000005000000000000000000000000100000000000000000000000010000000000000000000000 00100000000000000000000000001000000000000000000000000010000000000000000000000000100000000000000 00000000000050000000000000000000000000010000000000000000000000000010000000000000000000000000010 00000000000000000000000000100000000000000000000000000010000000000000000000000000001000000000000 00000000000000001000000000000000000000000000010000000000000000000000000000050000000000000000000 00000000001000000000000000000000000000001000000000000000000000000000000100000000000000000000000 0000001

Le nombre pi multiplié par lui même (sur 1010110 décimales) :
110,0501010100500100010010000500001000000100000050000000100000005000000000100000000000500000000 00010000000000010000000000010000000000001000000000001000000000000010000000000000100000000000001 00000000000000500000000000000050000000000000001000000000000000100000000000000010000000000000000 50000000000000000100000000000000000100000000000000000050000000000000000001000000000000000000100 00000000000000001000000000000000000050000000000000000000100000000000000000001000000000000000000 01000000000000000000001000000000000000000001000000000000000000001000000000000000000000100000000 00000000000005000000000000000000000010000000000000000000000500000000000000000000000100000000000 00000000000100000000000000000000000001000000000000000000000000100000000000000000000000000100000 00000000000000000000100000000000000000000000000010000000000000000000000000010000000000000000000 00000000050000000000000000000000000000100000000000000000000000000001000000000000000000000000000 01000000000000000000000000000005000000000000000000000000000001000000000000000000000000000001

Le nombre d'or (avec 1010105111 ou 101010110 décimales, c'est pareil à cause de la dernière à 1-1) :
1,050100100050001000100010000010000010000010000001000000100000010000000100000010000000050000000 01000000001000000001000000000500000000010000000001000000000100000000005000000000010000000000100 00000000010000000000050000000000001000000000001000000000000050000000000000100000000000001000000 00000001000000000000001000000000000010000000000000001000000000000000500000000000000005000000000 00000001000000000000000010000000000000000100000000000000000100000000000000000500000000000000000 05000000000000000000100000000000000000010000000000000000001000000000000000000010000000000000000 00010000000000000000000001000000000000000000000500000000000000000000005000000000000000000000005 00000000000000000000000100000000000000000000000100000000000000000000000100000000000000000000000 05000000000000000000000000100000000000000000000000005000000000000000000000000010000000000000000 00000000010000000000000000000000000100000000000000000000000000100000000000000000000000000100000 00000000000000000000010000000000000000000000000001000000000000000000000000000500000000000000000 00000000000100000000000000000000000000001000000000000000000000000000010000000000000000000000000 00005000000000000000000000000000001000000000000000000000000000000500000000000000000000000000000 00500000000000000000000000000000001000000000000000000000000000000001000000000000000000000000000 00000100000000000000000000000000000000100000000000000000000000000000000050000000000000000000000 00000000000100000000000000000000000000000000010000000000000000000000000000000001000000000000000 00000000000000000001000000000000000000000000000000000001000000000000000000000000000000000000500 00000000000000000000000000000000001000000000000000000000000000000000000100000000000000000000000 00000000000000500000000000000000000000000000000000001000000000000000000000000000000000000010000 00000000000000000000000000000000001000000000000000000000000000000000000001

Le cours du lingot d'or le 1010111/101/100010005111 à 101 h 1010111 :
1000050001000100010001005001051,0500101 €

Notez que Pi et le nombre d'or ne sont pas décimaux, ni même rationnels. On apprendra par la suite à les écrire.


Discussion au sujet de la séparation des chiffres

Pour certains, écrire toute une série de chiffres les uns à la suite des autres n'est pas toujours très lisible. Ils préconisent de laisser un espace entre les symboles correspondant à une puissance de 10 différente. Ainsi, les premières décimales du nombre pi s'écriraient :

111 ,01 001005 0001 00005 00000100001 00000010000001 0000000500000001 000000005 000000000100000000010000000001 00000000005 000000000005000000000001000000000001000000000001 0000000000001000000000001 000000000000050000000000000100000000000001 00000000000000100000000000001 000000000000000100000000000000010000000000000001 0000000000000000100000000000000001 000000000000000001000000000000000001000000000000000001 0000000000000000005000000000000000000100000000000000000010000000000000000001 0000000000000000000100000000000000000005 000000000000000000005000000000000000000001 00000000000000000000010000000000000000000001 0000000000000000000000500000000000000000000001 000000000000000000000001000000000000000000000005 000000000000000000000000100000000000000000000000010000000000000000000000001 000000000000000000000000010000000000000000000000000100000000000000000000000001 000000000000000000000000005000000000000000000000000001000000000000000000000000001000000000000000000000000001 000000000000000000000000000100000000000000000000000000010000000000000000000000000001 0000000000000000000000000000100000000000000000000000000001 000000000000000000000000000005000000000000000000000000000001000000000000000000000000000001 0000000000000000000000000000001000000000000000000000000000001

Les avis sont partagés sur l'intérêt de ces séparations. Pour les écologistes, ça revient à un gaspillage de papier. Il est certain que si on lit correctement les nombres en notation arabo-romaine, ce rajout d'espaces n'est pas nécessaire. De plus, il peut poser problème dans le cas de nombres manuscrits, puisqu'à moins d'une écriture soigneuse, on risque de compter des espaces là où il ne devrait pas y en avoir, ou inversement, ce qui va compliquer la lecture des nombres.


Les nombres rationnels

Comme le laissait supposer la fin du chapitre sur les nombres décimaux, les nombres utilisés comme exemples, que sont pi et le nombre d'or, ne sont pas considérés par les mathématiciens intégristes comme des nombres décimaux.

Effectivement, pour les mathématiciens intégristes, les nombres décimaux sont le résultat de la division d'un nombre entier avec une puissance entière et positive de 10 (un 1 suivi de quelques zéros). En conséquence, le nombre de chiffres après la virgule d'un nombre décimal est fini. Ils ont également inventé les nombre rationnels qui sont le résultat de la division de 11 nombres entiers quelconques. Ces derniers peuvent s'écrire avec un nombre infini de chiffres après la virgule, mais dans ce cas, ces chiffres reviennent périodiquement.

Prenons un exemple :

Dans la numérotation arabe 4 / 3 = 1,33333...

En numérotation arabo-romaine, ça donne :

15 / 111 = 1,010101001001001000100010001000010000100001000001000001000001...

On le voit, la valeur 111 revient régulièrement dans le résultat aux différentes positions après la virgule.

Quelquefois, c'est une série de chiffres distincts qui revient périodiquement :

Par exemple, en numérotation arabe :

41111 / 33300 = 1,23456456456456456...

Dans la numérotation arabo-romaine, on a :

10000500001000100101 / 100001000010000100010001000100100100 = 1,01010010010010001000500005000005000001000000100000050000000500000000500000000100000000010 0000000050000000000500000000000500000000000100000000000010000000000005000000000000050000000 0000000500000000000000100000000000000010000000000000005000000000000000050000000000000000050 00000000000000001...

La encore, la périodicité des chiffres du résultat saute aux yeux.

Or, en introduisant la notion de nombre à boucle, la numérotation arabo-romaine permet de représenter cette périodicité des chiffres. Il suffit de mettre les chiffres qui reviennent entre parenthèses. La forme ronde des ( ) signifie que l'on tourne autour de ce qu'il y a à l'intérieur. Reste à définir comment écrire l'intérieur des ( ) .


Écriture petite boucliste

Dans l'écriture petite boucliste, le principe consiste à écrire entre les parenthèses les chiffres de la boucle, tels qu'ils apparaîtraient dans le nombre écrit juste avec ses premières décimales. Ainsi, si on reprend les exemples précédents :

1,010101001001001000100010001000010000100001000001000001000001... s'écrit 1,(010101)

1,01010010010010001000500005000005000001000000100000050000000500000000500000000100000000010 0000000050000000000500000000000500000000000100000000000010000000000005000000000000050000000 0000000500000000000000100000000000000010000000000000005000000000000000050000000000000000050 00000000000000001... s'écrit 1,0101001001001(0001000500005000005000001)

La particularité de l'écriture petite boucliste est que l'intérieur des ( ) contient une petite valeur décimale, d'où son nom (il manquerait le 0, au début).


Écriture grosse boucliste

L'écriture grosse boucliste conteste l'idée d'écrire la séquence de chiffres comme elle apparaît la première fois dans la représentation décimale du nombre, puisque elle s'écrit différemment dès la fois suivante. Cette écriture propose donc de simplifier le contenu de la boucle en y mettant la valeur entière qui correspond à la séquence de chiffres qu'elle contient. Ainsi :

1,010101001001001000100010001000010000100001000001000001000001... s'écrit 1,(111)

1,01010010010010001000500005000005000001000000100000050000000500000000500000000100000000010 0000000050000000000500000000000500000000000100000000000010000000000005000000000000050000000 0000000500000000000000100000000000000010000000000000005000000000000000050000000000000000050 00000000000000001... s'écrit 1,0101001001001(1005005051)

L'écriture grosse boucliste doit son nom au fait que l'intérieur de la boucle peut prendre des grandes valeurs si la séquence de chiffres qu'elle contient est longue.


Avantages et inconvénients des 11 (deux) écritures

Pour comprendre les arguments des partisans de chacune des écritures, revenons un instant à la numérotation arabe. Dans cette numérotation, une valeur comme 1,2 peut s'écrire :
1,2
1,20
1,200
1,2000
...

Donc, plusieurs façons d'écrire la même chose. Dans la numérotation arabo-romaine, on écrit toujours pareil :
1,0101

Cela montre la supériorité de la numérotation arabo-romaine sur la numérotation arabe (et aussi sur la romaine qui ne prévoyait pas de nombres décimaux). Toutefois, cette particularité peut entraîner des complications lorsque des zéros apparaissent à une extrémité de la boucle, voire juste avant.

Ainsi, les partisans de l'écriture grosse boucliste critiquent les petits bouclistes car ils ne sont pas capables de mettre des 1-1 à la fin de leur boucle. Par exemple le nombre en notation arabe :

3,210101010... ou en plagiant les bonnes idées 3,2(10)

S'écrit 111,0101(10) dans l'écriture grosse boucliste, alors que 3,211111... soit 3,2(1) s'écrirait 111,0101(1) .

L'écriture petite boucliste propose pour 3,2(1) la valeur 111,0101(001) mais ne permet pas d'écrire directement 3,2(10) .

Bien entendu, les partisans de l'écriture petite boucliste ont rapidement trouvé un contre exemple : 3,20(1) s'écrit chez eux 111,0101(0001) alors que les gros bouclistes ne sont pas capable de faire commencer leur boucle de (1) au bon endroit !

Pour départager les protagonistes, certains font remarquer que les valeurs 3,20(10) ou 3,2(010) ne pourraient s'écrire dans aucune des 11 écritures en concurrence. En conséquence, ils considèrent que la société Motorola (partisane de l'écriture grosse boucliste) et la société Intel (partisane de l'écriture petite boucliste) feraient mieux de rester à la numérotation binaire plutôt que de songer à concevoir une nouvelle génération de microprocesseurs utilisant la numérotation arabo-romaine, car le fond du problème est lié à cet enjeu industriel.

En réalité, la solution à ce genre de problème est simple. Il suffit de commencer la boucle plus tôt ou plus tard. Un nombre en numérotation arabe du style 3,20(0120) est impossible à convertir dans aucune des écritures de la numérotation arabo-romaine, mais il peut s'écrire aussi 3,(2001) ou 3,2001(2001) qui eux sont parfaitement convertibles. Le premier donne 111,(100010001) avec l'écriture grosse boucliste et 111,(010100001) avec l'écriture petite boucliste.

Match nul provisoire donc entre les multinationales de l'électronique. Qui va gagner ?

Si votre coeur tient le coup d'ici là, vous le saurez peut être dans un prochain article (ou pas).


Les nombres à infinité périodique

« Un nombre infini est un nombre qui a une infinité de chiffres dans sa partie entière. »
~ Gérard Mansoif

« Contre exemple : 00....001,23 est un nombre fini qui vaut 1,23 »
~ Gérard Mansoif après avoir réalisé qu'il venait de dire une connerie. Du coup, il s'est servi un verre.

Dans la numérotation arabo-romaine, le contre exemple s'écrirait obligatoirement 1,0101001001001 , et un nombre avec une infinité de chiffres dans sa partie entière est bien un nombre qui a une valeur infinie.

Or, parmi les nombres qui ont une valeur infinie, certains sont faciles à écrire : ceux pour lesquels les chiffres reviennent périodiquement. On les appelle des nombres à infinité périodique. Il suffit pour les écrire de mettre une boucle dans la partie entière du nombre.

Par exemple en utilisant l'écriture grosse boucliste (1011)10101015,05005001 est un nombre qui commence par une infinité de 1 (un) et de 11 (deux) alternés, puis se termine par trois, quatre virgule cinq six. En numérotation arabe, ce nombre vaudrait : 12......12121234,56 et comme il a une infinité de chiffres non nuls dans la partie entière, ce nombre a une valeur infinie. Avec l'écriture petite boucliste, on l'écrirait : (1000100100)10101015,05005001

On peut généraliser l'écriture des nombres à infinité périodique en mettant plusieurs boucles voire en imbriquant des boucles dans d'autres boucles. Pour une écriture plus compacte écrivons d'abord l'exemple en numérotation arabe :
12(34)56(78)9,1(23)

Donc une valeur dont la partie entière :
- commence par les chiffres 1 et 2 (on est en numérotation arabe),
- puis une infinité de chiffres 3 et 4 alternés,
- puis les chiffres 5 et 6,
- puis une infinité de chiffres 7 et 8 alternés,
- puis le chiffre 9

et pour la partie décimale, après la virgule :
- le chiffre 1,
- puis une infinité de chiffres 2 et 3 alternés.

De tels nombres s'appellent des nombres multiboucles et une branche spéciale des mathématiques est en train de naître pour étudier leurs propriétés.

En numérotation arabo-romaine, avec l'écriture grosse boucliste, le nombre de l'exemple ci-dessus s'écrit :
1011(10101015)5051(5010105111)110,01(1010111)

On peut remarquer chaque groupe de chiffres, qu'il soit dans une boucle ou entre 11 boucles s'écrit tout simplement comme le nombre entier composé des mêmes chiffres.

Avec l'écriture petite boucliste, il faut tenir compte de la position des chiffres pour les écrire. Le nombre de l'exemple se terminerait par :
...(5001001005101010)110,01(001001000010000100001)

mais on ne peut pas écrire le début, car il faudrait tenir compte de l'infinité de chiffres de la boucle (5001001005101010) pour écrire correctement ce qui précède.

En conséquence : l'écriture petite boucliste ne permet pas d'écrire correctement des nombres multiboucles.

L'écriture petite boucliste de la numérotation arabo-romaine est donc disqualifiée.

Cela entraîne 11 conséquences fondamentales pour l'avenir de l'informatique :
- Les prochains ordinateurs utiliseront un microprocesseur Motorola,
- et il faudra donc réécrire Windows, alors que Linux et Mac OS 110 sont déjà au point.


Critiques de la numérotation arabo-romaine

Malheureusement, les meilleures idées ont leur détracteurs. Bien qu'elle prenne ce qu'il y a de mieux dans les numérotations arabes et romaines (contrairement à la numérotation romano arabe qui prend ce qu'il y a de pire), cette numérotation soulève de nombreuses critiques.

Certains font remarquer qu'au lieu d'utiliser les 111 chiffres de la numérotation arabo-romaine, on pourrait se contenter des 11 chiffres de la numérotation binaire. Toutefois, la numérotation binaire n'est pas évidente au premier abord. Ainsi, en binaire :

111111 + 1 = 1000000 n'est compréhensible qu'après des années de pratique

Alors qu'en numérotation arabo-romaine :

10100110 + 1 = 100 n'a rien de compliqué

D'autres critiques concernent le nombre de symboles nécessaire pour écrire certaines valeurs numériques. Il est évident que c'est la contrepartie imposée par cette numérotation. Les écoliers qui apprenaient les nombres en numérotation arabe devaient apprendre 10 chiffres distincts. Ceux qui emploient la numérotation romaine doivent quand à eux apprendre que 511 lettres. La palme revient donc à la numérotation arabo-romaine avec seulement 111 chiffres à apprendre. On reproche à la numérotation arabo-romaine de ne pas favoriser les économies de papier et d'encre. C'est l'argument de mauvaise foie typique. Toutes les études ont montré que justement cette numérotation devrait au contraire relancer l'économie chez les fabriquants de papier, de stylos, et d'encre pour imprimante (qui pourront même travailler plus pour gagner plus, sans garantie d'avoir ensuite du temps pour utiliser leur argent).

Enfin, des critiques concernent la longueur très variable des nombres dans la numérotation arabo-romaine. Ainsi, dans l'exemple ci dessus, en rajoutant 1 à un nombre de 5111 chiffres, on obtient un résultat sur 111 chiffres. Mais là encore l'argument ne tient pas la route : dans les autres numérotations aussi, en ajoutant 11 nombres, on peut avoir un résultat qui n'a la longueur d'aucun des 11.


Note de l'auteur : Bonne prise de tête ! o/
^^

dimanche 19 octobre 2008

Romantique ou anarchiste ?

Les amis, aujourd'hui je vais vous parler de deux jeux, qui ont et qui continueront à marquer les esprits des joueurs : Ico et Shadow Of The Colossus (SotC).

Les deux titres forment-ils une série narrativement cohérente ? 

Il est au moins un point qui les réunit sans ambiguïté : leur conception renvoie à celle des contes de fées. Ico et SotC touchent l'inconscient, ouvrent une porte sur le fantasme comme très peu de jeux ont sû le faire avant eux. Et ce n'est que par le filtre de l'interprétation symbolique qu'ils trouvent leur véritable consistance. Ce qui se situe à l'extérieur du château d'Ico, ou au-delà du pays interdit de SotC, est un mystère complet. Le château et le pays abandonné symbolisent des espaces mentaux qui reflètent le parcours psychologique de nos protagonistes : à chaque fois, ce sont un garçon et une fille qui vivent leur relation de manière exclusive, sans jamais rencontrer d'autres humais susceptibles d'interférer. Il s'agit de récits initiatiques liés à la puberté (découverte de soi) et à l'amour (découverte de l'autre). Mais sur le plan strictement symbolique, Ico semble plus abouti que SotC. Il reste volontairement énigmatique et tout est laissé à l'interprétation. SotC, en revanche, gâche un peu sa portée métaphorique par un interminable épilogue qui justifie tout ce qui a précédé. Si cette trame très (trop ?) claire ne contredit pas la portée symbolique du jeu, elle rend cette dernière moins évidente.

Ico : prisonnier de soi-même

Ico raconte l'histoire d'un garçon retenu contre sa volonté dans un immense château, et dont l'impulsion unique est de s'en évader. Il se place d'emblée dans un position de victime. Mais victime de qui ? Des membres de son propre clan. Pourquoi ? Le garçon en fournit fugitivement l'explication, lorsqu'il évoque une tradition séculaire qui pousse les siens à « sacrifier » ainsi tous les jeunes hommes qui voient des cornes pousser sur leur crâne. Une fois posé ce principe, le jeu semble s'en désintéresser pour ne raconter que la fuite du garçon et de sa compagne d'infortune, la diaphane Yorda. Par la suite, plus rien ne vient expliquer la nature et la finalité de ce rituel, bien que celui ci soit à l'origine de tout. 

Ce postulat n'est pourtant pas anecdotique, et la suite de l'aventure ne peut s'interpréter qu'en s'y référant constamment. Que l'enfermement soit consécutif à l'apparition des cornes permet une analogie avec la puberté : les cornes symbolisent l'expression d'une sexualité naissante. Comme tous les adolescents avant lui, notre héros est tiraillé entre ses pulsions nouvelles et un milieu social dont la domination lui paraît désormais oppressante. Le château, dont il doit s'échapper, figure ainsi la perception que le personnage a de son propre monde : un univers carcéral dont les remparts surplombent un ailleurs forcément meilleur. Yorda, la jeune fille qui va s'évader à ses côtés, connaît un parcours identique, clairement identifié à la puberté : blancheur virginale, domination d'une mère abusive, ombres qui symbolisent le refoulement...

Les deux visages de l'autre

Ico et SotC ont tous deux pour figure centrale un couple de marginaux, dont le destin passe forcément par un conflit direct avec l'autorité dominante (la famille dans Ico, la Loi dans SotC, comme on le verra...). Ce qui varie d'un titre à l'autre, en revanche, c'est la nature de ce couple et ce qui le réunit. Dans Ico, le garçon et la jeune fille ne se choisissent pas : c'est la necessité qui les pousse à rester ensemble. Elle seule peut ouvrir les portes qui leur barrent la route, mais elle ne peut les atteindre sans lui. Le rapport à l'autre est ici strictement instrumental, et ne laisse guère de place au sentiment. Yorda n'est pas en soi l'objet de l'intêret d'Ico, mais elle lui est indispensable. À l'inverse, dans SotC, c'est le sentiment amoureux qui relie les deux protagonistes. Et le héros n'agit que dans l'intêret exclusif de l'autre, sans jamais se soucier de sa propre sécurité. On peut y voir une vraie évolution : le héros est passé du sentiment introverti vers le sentiment extraverti, et s'il faut trouver une transition entre ces deux états, elle se situe à la fin d'Ico : enfin échappé de la forteresse, le garçon s'échoue sur une plage où il retrouve Yorda, dégagée de l'emprise maternelle. À cet instant même, ce sont leurs sentiments, et non une necessité quelconque, qui les rapprochent.

SotC : l'amour conquérant

Dans SotC, le héros viole un tabou, celui qui interdit l'accès à un pays abandonné. Il amène avec lui le cadavre de la jeune femme qu'il aime, et se voit proposer un marché par une puissance supérieure : vaincre seize colosses qui peuplent ces terres, et ainsi ressusciter sa bien-aimée. On retrouve un certain nombre des éléments constitutifs d'Ico : l'espace interdit, la jeune fille en état de dépendance, une quête individualiste et contestataire à l'encontre de l'ordre établi. 

Mais d'emblée, les deux titres se distinguent par une différence de taille : le héros ne subit jamais la situation, mais la provoque. Et l'objet de sa conquête est l'amour : celui de cette jeune femme plongée en catalepsie. Cet endormissement, assimilé à la mort, évoque forcément celui de La Belle Au Bois Dormant, et peut s'interpréter de la même manière : le poids de la société interdit aux amants de communiquer et de vivre leur passion. Une lecture confirmée lorsque se précise la silhouette inquiétante d'un grand prêtre, gardien du dogme et de l'interdit. Pour libérer sa dulcinée et vivre enfin avec elle une relation amoureuse épanouie, notre Roméo va devoir abattre les fondements même de la société. Dans SotC, ces fondements sont donc incarnés par les seize colosses, créatures anté-diluviennes et mythologiques. Évoquant des créatures fabuleuses, sans doute à l'origine de légendes ancestrales, les colosses témoignent des origines même de la culture du monde. Et ce n'est pas un hasard si on les trouve la plupart du temps à proximité, voire au coeur des ruines d'antiques civilisations. Dans cette optique, le pays interdit, où se situe l'action, est la pierre d'achoppement de la société des hommes, la mémoire de leur mémoire et de leurs institutions. Lorsqu'il a fini de détruire tous les colosses, le héros parvient à l'absolu de sa quête : une liberté sans concession, sans cesse partagée entre anarchisme et romantisme exacerbé.

jeudi 16 octobre 2008

[Cinéma] The Dark Knight

Désolé pour cette review un brin (euphémisme, quand tu nous tiens) en retard de ce chef d'oeuvre qu'est The Dark Knight. Enjouaillez quand même ! ;]


"Le Chevalier Noir" (The Dark Knight) de Christopher Nolan (USA) ; avec Christian Bale, Maggie Gyllenhaal, Heath Ledger, Aaron Eckhart, Michael Caine, Gary Oldman...


Avec l'aide du lieutenant Jim Gordon et du nouveau Procureur Harvey Dent, Batman entreprend de nettoyer Gotham City des dernières organisations criminelles qui l'infestent. Mais les trois hommes devront bientôt compter avec un nouvel ennemi beaucoup moins prévisible et facile à cerner que les traditionnels mafieux : le mystérieux et insaisissable Joker...

Tendu comme un slip de satin noir moulant, toujours sur la brèche, toujours sur le fil et pourtant pétaradant à souhait, voici venir avec pertes et fracas le nouvel opus des aventures du Dark Crusader que d'aucuns présentent comme le meilleur de la saga.

Et le pire (ou pas), c'est qu'ils ont raison, les bougres...

Car si l'on excepte peut-être le "Batman - Le Défi" de Burton, que l'on continuera à porter dans nos coeurs, avouons-le, pour des raisons essentiellement madeleinedeproustesques, ce deuxième Batman version Nolan se présente effectivement comme un sommet du genre.
Et comme un sommet du film de super-héros tout court, d'ailleurs, n'ayons pas peur des mots.

Grâce en soit rendue à l'artisan Nolan, grand cinéaste en devenir, qui se met entièrement au service de son film et de son (ou plutôt devrait-on dire "de ses") personnage(s) avec une humilité, une franchise et un premier degré désarmants et totalement salutaires.

Ce qui nous donne, cowabunga!, un film encore plus "réaliste" (oui, faut des guillemets quand même, ça reste un film de justicier en costume, hein, après tout... ) que son prédécesseur, le pourtant déjà très vroom vroom "Batman Begins".

Puissant, sombre, intense, palpitant tout en n'oubliant jamais de divertir (il y a même un petit côté "James Bond" dans certaines scènes) "The Dark Knight" réussit le tour de force de rendre à la fois hommage à un certain cinéma US des années '70 (L'Age d'Or, L'Age d'Or !, crieraient même les quelques vieux cons du fond), d'entamer une réflexion sur la surenchère sécuritaire américaine actuelle et d'être avant tout un thriller pur jus, rempli jusqu'à la gueule de scènes d'anthologie.

Le tout tendu sur une structure narrative en béton, chariant un sous-texte maousse-costaud qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler, coïncidence troublante, celui d'un récent "Hancock"...

Mais cependant, la cerise sur le gâteau, elle, est à chercher du côté uniformément impressionant de l'interprétation...

De Christian Bale, le Bruce Wayne le plus crédible de l'Histoire depuis Michael Keaton (qu'il parvient même à faire oublier, le salopio !) à Aaron Eckhart, sidérant d'ambiguïté dans le rôle pourtant très touffu du procureur Harvey Dent, futur Double Face, en passant évidemment par les à jamais déléctables Michael Caine ou Gary Oldman, tout le casting réussit un travail de fond étonnant, renforçant s'il en était encore besoin la solidité de l'édifice bati par cet invraisemblable styliste qu'est Christopher Nolan.

Avec mention spéciale, bien entendu, à feu Heath Ledger, qui livre probablement ici la performance de sa carrière (reste à voir le Gilliam qui doit sortir bientôt) et qui traverse le film en apensanteur, créant de toute pièce un véritable Nouveau Joker qui parvient à balayer le souvenir de celui créé jadis par un certain Jack Nicholson...

Alors évidemment, tout n'est pas parfait, non...

Comme pour la plupart des films de ce genre, certains pourraient reprocher à "The Dark Knight" de souffrir d'un très léger surpoids, et juger que le film aurait pu être emputé d'une petite demi-heure (allez, même pas vingt minutes !!).
Et puis, histoire de chipoter (ba oui, faut bien laisser encore un peu de marge pour le troisième épisode), on pourra reprocher à certaines des scènes finales de ne pas vraiment briller par leur lisibilité...

Mais malgré tout, grâce à son réalisateur et à ses interprêtes bien sûr mais aussi grâce à la nouvelle dimension quasi mythologique qu'il réussi à atteindre ici, ce Chevalier Noir finit bien par gagner à la fin.
Et par tout emporter sur son passage.

Pour un nouveau départ...

dimanche 28 septembre 2008

La face cachée des oursons en gélatine

Ce qui est bien c'est que l'inspiration pour ce billet je ne suis pas allée la chercher bien loin vu que l'idée m'est venue alors que je m'empiffrais de ces délicieux bonbons trop bons. Je ne sais pas si vous avez la même manie, mais perso, j'ai tendance à les trier, je commence par manger les rouges, blancs et verts et je finis avec ceux que j'aime le moins (mais que j'aime bien quand même) les oranges et les jaunes. C'est stupide quand on y pense, vu qu'à un moment ou un autre faudra bien que je les gobe de toute facon.

Bref, tout le monde aime les oursons en gélatine (à part ceux qui ne les aime pas, bien entendu, nous sommes d'accord sur ce point) et pourtant ce sont loin d'être des enfants de coeur. C'est bien simple, les oursons en gélatine sont probablement les pires raclures de bidet de tout l'univers ; dès que vous avez le dos tourné ils enchainent conneries sur conneries, et c'est pourquoi je me lève aujourd'hui et j'ose dénoncer tous les péchés affreux auxquels s'adonnent ces petits démons de gelée !! Mangez en, faites en un génocide, ils le méritent !!

"Houla, cette fois c'est sûr il a fumé un truc pas net"

Mais non, pas du tout, en plus j'ai des preuves, regardez j'ai fait une liste (et encore elle est incomplète mais c'est déjà gratiné) :


¤ La Paresse : Les oursons sont de véritables loques bonbonesques, il y a pas pire. Ils peuvent glander des journées entières sans rien faire (que celui qui a dit "c'est l'hopital qui se fout de la charité" se dénonce !!). Si vous ne me croyez pas, achetez en donc un paquet, vous verrez ils sont pas bien vifs... vous avez beau les secouer ils veulent pas bouger, si ça c'est pas une preuve irréfutable !

¤ La Jalousie : Toujours prêts à faire leurs malins, les oursons arrêtent pas d'être jaloux entre eux. Là encore, si vous ne me croyez pas, fouillez donc dans un paquet, il y en a toujours un ou deux avec les couleurs mélangées, c'est parce qu'il a voulu piquer la couleur d'un autre ourson !


¤ La Luxure : De vrais queutards ces oursons, vous pouvez vérifier dans un paquet il y en toujours deux trois collés les uns aux autres. Vous croyez vraiment que c'est juste pour faire un bisou ? Si le pr0n ours en gélatine c'est votre trip, voici une galerie hardcore !


¤ La Gourmandise : L'image est éloquante !! Voici un ours en gélatine probablement américain (clichééé !) qui n'a pas réussi à s'arrêter de manger et qui a triplé de volume, c'est moche. Si vous aussi vous voulez votre ours obèse, laissez le tremper une nuit dans de la flotte, effet testé et approuvé ;]

¤ La Violence : Il n'y a pas plus violent qu'un ourson en gélatine. Un mot de travers et paf, c'est coup de boule dans la gelée (il faut dire que niveau coup de poings et de pieds ils sont anatomiquement limités les pauvres) ! Nous, humains, sommes bien épargnés par leur violence depuis qu'ils se sont aperçus que des coups de gelatine ça ne nous faisait pas grand mal, mais regardez dans un paquet, tous les oursons collés ne sont pas forcément en train de commettre un pêché de luxure !!


¤ La Xénophobie : Eh oui, pourquoi vous croyez que les oursons noirs ne sont pas présents dans tous les paquets d'oursons en gélatine ?? Et qu'on n'aille pas me faire croire que c'est le public qui aime pas, ils sont aussi coupables que les oursons, chez Haribo !!


¤ La Drogue : Oui, les oursons fument des pétards, et pas que ça d'ailleurs, mais j'ai préféré vous éviter les images d'oursons cocaïnomane c'est trop affreux. La prochaine fois que vous ressentirez un mal de bide après avoir mangé un paquet complet d'oursons vous saurez d'où ça vient.



En terme de drogue, les oursons en gélatine apprécient beaucoup l'alcool. Ces célèbres bonbons en gélatine à l'effigie d'une pinte de bière et au goût bière en sont la preuve, vu qu'ils ont sans doute été conçus exceptionnelement pour eux.


Voili voilou, ce billet ne sert à rien et est carrément bizarre mais bon, faut bien essayer de faire un peu original de temps en temps. En espérant que ça vous ait fait grave kiffer la gelée (votre body quoi) !!

Maintenant vous ne pourrez plus regarder vos oursons en gélatine comme avant, mais j'espère que cela ne vous empêchera pas d'en manger, car si chacun d'entre nous en mange un paquet on arrivera peut-être un jour à les faire disparaitre, eux et leurs vices atroces de la surface de la Terre !! Si vous ne voulez pas les manger mais les purifier de leurs pêchés, il y a mieux que le bûcher : La solution de Chlorure de Potassium, effet garanti.